Et, mon désir de l’autre est devenu inexistant. Je lui ai parlé de tout cela. Il a essayé de m’aider, dans ses limites, j’imagine. Car, il n’a jamais vraiment fait le choix de revenir en France pour autant.

En avril, nous avons déménagé pour une ville proche de la capitale. Je me suis sentie revivre, même s’il y avait la barrière de la langue (j’avoue ne pas avoir vraiment fait d’effort les mois avant. J’ai parfois essayé, mais je baissais les bras). Toutefois, cela n’a pas relancé ma libido.

Il y a une semaine, il est rentré en France pour un week-end prolongé avec des amis. Une amie de son hôte s’y trouvait aussi, et, visiblement, ils ont passé une nuit à combler « leur besoin ». Lorsqu’il est rentré, après s’être rafraîchi du voyage, il a posé ses mains sur mes épaules (j’étais assise à mon bureau), et m’a annoncé : « j’ai couché avec une amie de **** ».

Je dois dire que je suis restée extrêmement calme, extrêmement pratique (l’une de mes toutes premières questions étant : « tu t’es protégé, au moins ? »), comme en décalage. Ma douleur était immense. Pas tant celle qu’il est couché avec une autre. Bizarrement, je n’ai pas ressenti de compétition avec elle, elle ne me fait pas peur, ne me fait pas douter de qui je suis. Mais la douleur de la trahison, alors que je suis moi-même dans une situation fragile et de l’humiliation (parce que tous ses amis sont donc au courant, quand bien même paraît il, ils sont de mon côté).

J’ai eu quelques mots méchants le lendemain, et, je lui ai demandé de partir quelques jours à l’hôtel. Je sentais que de le voir me rendais folle de rage, mais d’une colère froide qui me désarçonne un peu. J’avais besoin de souffler, de réfléchir, de respirer. J’ai appelé deux amies pour me confier. Ma mère m’ayant appelé, je lui en ai parlé également. Elle ‘a conseiller, quoique je décide, de le laisser s’exprimer. Il est revenu hier, et je lui ai laissé la parole.

Il m’a dit que c’était la seule et unique fois, que ce n’était que sexuel car notre vie intime était quasi inexistante depuis des années (les 2 fameuses années actuelles), qu’il avait craqué. Il m’a dit qu’il m’aimait, qu’il était désolé. Il voudrait que l’on surmonte tout ça. Je lui ai demandé pourquoi m’infligé la douleur de son mea culpa s’il tenait à moi. Il m’a répondu qu’il pensait que c’était ce que j’aurais voulu.

Seulement, depuis son annonce, je me sens vide intérieurement. Aujourd’hui, je n’ai même plus de colère. J’ai l’impression d’avoir tout refoulé au fond de moi. Je lui ai dit que c’était terminé et je dors dans la chambre d’ami. Je ne sais pas si je fais bien ou pas. Je ne sais pas si je devrais passer outre.

Depuis cette annonce, je me remaquille, je sors un peu plus me promener, mais je ne ressens plus rien. Je suis une coquille vide qui s’occupe d’elle, comme si, des gestes simples comme se maquiller me permettais de réaliser que j’existe, me permettais d’obliger mon esprit à rester ancré à quelque chose, pour lui éviter de fuir.