Prison ferme pour le mari qui a tondu son épouse infidèle
Par SOS cocu le samedi 14 novembre 2009, 17:20 - Chroniques - Lien permanent
Le tribunal de Marseille a envoyé en prison le tortionnaire, âgé de 37 ans
L'histoire est incroyable. Elle chemine aussi lentement que tristement entre la trahison d'une épouse et les vieux démons d'un mari trompé. Elle avait pourtant commencé comme une belle histoire d'amour. C'est d'abord l'histoire d'un ouvrier agricole, aujourd'hui âgé de 37 ans, qui tombe amoureux d'une femme. Il est jeune. Il apprend que celle-ci est mariée, qu'elle se prostitue. Entre les deux, c'est le coup de foudre. Il lui promet de la sortir de la prostitution, de l'éloigner de son premier mari et proxénète. Et la jeune femme y croit.
Elle franchit le pas, divorce, se remarie. Ils auront deux enfants ensemble. Mais il y a quelques jours, au hasard d'une dispute de couple au domicile conjugal, cité des Cèdres, boulevard Bouge, dans le quartier marseillais de Malpassé (13e), l'épouse se confie. Elle avoue qu'il y a trois ans, elle l'a trompé avec celui qu'elle avait appris à détester, son premier mari. Le second ne le supporte pas. Il lui explique qu'il se sent "trahi". À la violence verbale va très vite succéder, dans la nuit de samedi à dimanche, la violence physique. Les coups pleuvent.
La victime, âgée de 41 ans, sera couverte de bleus. Mais son mari ne s'arrête pas là. Il lui tond les cheveux. "Comme ça, tu ne feras plus la belle !", ajoute-t-il cyniquement. Il entreprend alors de la reconduire jusqu'à Avignon, où est supposé résider l'ex-mari, celui qui l'avait mise sur le trottoir. Mais dans la voiture, le mari tortionnaire tourne la tête. Il surprend alors le visage tuméfié de son épouse.
Il est tout à coup saisi par le remords. Décision est prise de réintégrer le domicile conjugal. Mais entre-temps, un proche de la famille, alertée de la dispute, a prévenu la police. Il est 4h du matin dimanche. Le mari violent est interpellé. Il est aussitôt transféré à l'Hôtel de police, où il est sommé de s'expliquer sur les raisons de son geste. Il prétendra lamentablement avoir tondu sa femme pour vérifier si elle avait des blessures...
Une thèse difficilement tenable devant le tribunal correctionnel, où le mis en cause a été présenté en comparution immédiate. Assisté de son avocate, Me Nathalie Fenech, il a tenté de justifier les raisons de son vilain geste par un amour déçu. À l'audience, l'épouse portait un châle sur la tête. Elle ne s'est même pas constituée partie civile. Elle n'a pas réclamé un centime d'indemnisation contre son mari. Scénario hélas tristement classique de femme battue.
Sans avocat, elle a expliqué qu'elle voulait reprendre la vie commune. Elle a dit qu'elle ne voulait pas que son mari aille en prison. Le tribunal, présidé par Marie-France Durand-Sérée, lui a infligé une peine de 18mois, dont 10mois ferme. Le reste est assorti d'une mise à l'épreuve, au cas où le mis en cause récidiverait. En attendant, le mari violent a dormi aux Baumettes.
Source: La Provence
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