Mon témoignage pour SOS Cocu
Par SOS cocu le jeudi 14 décembre 2006, 06:44 - Temoignages - Lien permanent
Je suis très heureuse d’avoir trouvé votre site sur internet car j’estime que je suis cocue. Voilà mon histoire.
Mais tout d’abord avant de publier mon témoignage je dois vous dire que je suis homosexuelle. J’espère que cela ne vous choque pas et que votre site n’est pas limité aux cocus hétérosexuels.
Je suis Marocaine, étudiante, 25 ans, célibataire. Je m’appelle Loubna *. Quand j’ai dû aller à Rabat pour poursuivre mes études, j’ai dû partager un logement avec d’autres étudiantes car c’est très cher. Heureusement deux copines à moi qui viennent aussi de Beni Mellal sont arrivées en même temps que moi à Rabat et nous avons tout naturellement partagé un petit appartement pour partager le loyer.
Notre appartement était tout petit. Il y a une chambre de taille moyenne qui sert aussi de salon et une cuisine. Les WC sont à l’extérieur ainsi que la salle de bain partagée par plusieurs appartements loués à des étudiantes. Donc dans la grande pièce nous avons mis 3 lits : 2 superposés et un autre qui peut se replier afin d’avoir un peu de place dans la journée.
Mes deux copines s’appellent Nawel * et Fathiya *. Nous n’étions pas gênées les unes des autres, mais par pudeur nous n’enlevions que le haut quand nous étions ensemble. Ici c’est péché que de montrer le bas à quelqu’un sauf à son mari ou à sa femme bien entendu. Je dis cela pour que les gens comprennent bien mon état d'esprit et ne pensent pas que j'ai des moeurs légères.
Evidemment comme toutes les filles j’avais des envies sexuelles mais dans ma ville d’origine je n’ai jamais rien fait avec d’autres personnes. Je sais que des gens font des choses à plusieurs en cachette mais ce n’était pas mon cas.
Dans notre petit appartement, il m’arrivait au début de prendre du plaisir seule mais seulement quand j’était seule, quand mes copines étaient sorties. Je me doute bien qu’elles faisaient de même de leur côté. Les garçons nous draguaient parfois mais nous ne répondions jamais à leurs avances parce qu’ils étaient vulgaires et ne pensaient qu'à « faire la vidange » comme ils disaient. Vous imaginez que j'attendais davantage d'une relation avec quelqu'un...
J’avais alors 22 ans et Fathiya 18 ans. Bien qu’elle soit très jeune, ses parents l’avaient mise au lycée loin de notre ville natale, parce qu’une cousine à elle tenait une école privée à Rabat et c’était donc moins cher pour elle tout en ayant une bonne école. Nawel était bien plus âgée que nous, elle avait 26 ans et terminait un doctorat en philosophie.
Nawel était comme une grande sœur, elle nous appelait « les gamines » et nous étions les meilleures amies du monde. Je savais que Nawel avait eu des relations sexuelles avec des hommes parce qu’elle en avait parlé une fois mais je n’ai pas osé poser de questions pour ne pas la gêner.
Un jour que j’étais seule avec Nawel nous avons parlé mariage et là elle m’a dit qu’elle ne pensait pas se marier parce qu’elle préférait les femmes. Je lui ai demandé comment elle peut en être sure. Elle m’a dit qu’elle n’avait eu de plaisir avec les hommes mais qu’elle était toujours attirée par les femmes. Elle m’a demandé si moi j’étais comme elle mais évidemment je n’ai pas su répondre alors je le ai demandé : « comment le saurais-je ? » Elle m’a répondu : « tu n’as qu’à essayer. »
J’aurais donné une gifle à toute autre qui m’aurait dit ça. Mais Nawel était notre grande sœur, elle parlait de tout de manière si gentille qu’elle pouvait tout dire sans que ça nous choque. Et puis même si c’était choquant elle avait raison sur le fond. Les relations hors mariage ne sont pas dans notre culture, et pourtant elles éviteraient bien des erreurs et des mariages ratés.
Seulement je ne pouvait pas « essayer » avec un garçon de chez nous qui s’en aurait venté devant ses copains et qui m’aurait couverte de honte jusqu’à Beni Mellal. Alors j’ai pris mon courage à deux mains. Comme je ne voulais pas avoir de problèmes avec une vraie rencontre je suis allée sur internet pour rencontrer des gens et avoir des conversations un peu chaudes pour voir si ça me stimulerait. J’ai rencontré ainsi des hommes très portés sur la chose et on a eu des dialogues chauds mais ça me laissait froide. Dans ce genre d’échange je suis aussi tombée sur des filles et je voyais bien que ça m’intéressait bien davantage. Il faut vous dire aussi que je ne pouvais me connecter que dans des cyber-cafés d'étudiants alors c'était difficile de converser sans laisser paraître des émotions ce qui ajoutait du plaisir à mes échanges avec des filles.
J’ai donc fait pas de mes découvertes à Nawel et de fil en aiguille elle m’a invitée à poursuivre l’expérience avec elle. C’est venu très naturellement, je ne peux pas expliquer comment mais je sentais que ce n’était pas seulement physique. Nous avons passé un très bon moment. Ensuite elle m’a dit qu’elle était amoureuse de moi et ça m’a fait très plaisir parce que je crois que j’avais les mêmes sentiments envers elle.
A partir de ce moment, nous avons donc pris du plaisir chaque fois que nous nous retrouvions seules dans l’appartement, et parfois plusieurs fois par jour. C'était le grand amour, le premier de ma vie. C'était un océan de bonheur tant sur le plan sentimental que physique. Ca a duré un an et demi, et même pendant les vacances scolaires à Beni Mellal nous nous arrangions pour nous retrouver de temps en temps seules dans une chambre. Mais quand Fathiya était là nous faisions semblant d’absolument rien pour ne pas la choquer surtout qu’elle était très pudique. Elle portait même le voile islamique de temps en temps pour sortir. Elle faisait la prière presque tous les jours.
Jusqu’à un beau jour où je suis rentrée à l’improviste à la maison et j’ai été stupéfaite par le spectacle qui s’offrait à moi. Vous m’avez comprise, inutile de détailler. Quand je les ai surprises toutes les deux, Nawel était très gênée, bien plus que Fathiya. Celle-ci s’est alors éclipsée à la salle de bain et je suis restée seule avec Nawel et j’ai pleuré comme jamais, et Nawel ne trouvait rien à dire mais elle avait aussi la larme à l’œil. Finalement elle est sortie prendre un café.
Alors Fathiya est revenue dans la pièce. Elle était gênée et a voulu s’expliquer, et c’est là que le plus horrible m’est apparu. Elle m’a dit qu’elle faisait ça avec Nawel depuis plusieurs mois et qu’elles le faisaient à chaque fois qu’elles étaient entre elles. Elle pensait bien faire en me disant ça parce qu’elle voulait me dire que ce n’était pas une aventure passagère mais une vraie relation.
Seulement moi c’est comme si on me plantait un poignard dans la poitrine. La vérité la plus cruelle apparaissait : Nawel jouait double jeu de bout en bout, et faisait croire au grand amour à deux personnes à la fois. Evidemment j’ai expliqué à Fathiya l’autre face de l’affaire et à son tour elle a fondu en larme.
La suite, vous l’imaginez. Nous ne pouvions pas nous séparer parce que nous n’avons pas les moyens de louer un appartement chacune de notre côté et les appartements bon marché sont rares. Nous étions donc condamnées à vivre ensemble toutes les trois alors que nos relations étaient devenues invivables. Nous sommes restées ainsi plus de trois mois sans se dire un mot, jusqu’à ce que chacune parte de son côté. Evidemment j’avais une complicité de victime avec Fathiya mais d’un autre côté c’était quand même mon ex-rivale alors c’était compliqué dans ma tête. Ca me faisait de la peine de voir Fathiya sombrer dans la dépression nerveuse. Elle a même perdu la foi à cause de cette affaire.
Mais elle s'en est bien sortie. En fait elle est bisexuelle et gère ça très bien. Elle a maintenant un vrai amoureux et de temps en temps elle s'offre un bon moment avec des amies. Je ne la juge pas, tant mieux pour elle si elle est bien comme ça.
Nawel s'est trouvée une autre amie mais je pense qu'elle a aussi tiré les leçons de notre affaire et qu'elle se conduit plus sérieusement. Elle a l'air heureuse aussi. Tant mieux pour elle même si je la déteste toujours.
Parce que moi je ne m'en suis pas remise. Depuis cette époque je suis paralysée. Chaque fois que je pense tomber amoureuse je refoule mes sentiments de peur d’être à nouveau trompée. Je ne sais pas à qui m’adresser mais j’ai vraiment peur de perdre toute ma joie de vivre et de gâcher mon avenir.
Monsieur de Saint-Astier s’il vous plaît passez mon témoignage en ligne pour que ça serve au moins de leçons à d’autre filles naïves dans le monde qui pourraient se faire avoir et endurer d’injustes souffrances. Je lance aussi un appel si quelqu’un connaît une association qui peut venir en aide aux personnes dans mon cas parce que je sais aujourd’hui que je ne suis pas seule. Mais comme déjà il faut franchir le tabou de l’homosexualité c’est bien plus difficile que pour les cocus hétérosexuels.
Bien à vous, et merci pour ce que vous faites.
* Les prénoms ont été modifiés.
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