La fidélité dans la morale judéo-chrétienne

Parmi les Dix Commandements reçus par Moïse, le sixième stipule : “Tu ne commettras pas l’adultère.” Avec le christianisme, le discours se précise ; Jésus dit : “Celui qui convoite une femme seulement du regard, a déjà commis l’adultère avec elle dans son coeur". Notons que selon cette morale, l’adultère du mari devient aussi répréhensible que celui de la femme, ce qui, dans les faits, n’était pas souvent le cas.

La fidélité à la française

Dans l’ancien droit français, l’épouse adultère était soumise au fouet puis enfermée dans un couvent. Son “complice” subissait, lui aussi, le fouet, et encourait le bannissement, les galères, voire la mort. Par contre, le mari adultère n’était pas réprimé pénalement ! Le code napoléonien conserve l’inégalité des sexes, mais cette fois, le mari risque une amende, tandis que la femme et son “complice” encourent la prison.

De nos jours, le maire annonce aux couples qu’il unit : “Les époux se doivent fidélité.” Car, selon l’article 212 de notre Code Civil, l'adultère est une faute. Le constat d’adultère est l’un des éléments qui autorise un divorce aux dépens du coupable d’infidélité. L’adultère est reconnu par la loi s’il y a union sexuelle, mais la jurisprudence assimile l’intention à l’acte !

Cela étant, avec l’évolution des moeurs, la morale française s’est beaucoup assouplie : ainsi, lorsque les Français ont appris l’existence de Mazarine, fille adultérine de François Mitterrand, alors président en exercice, ils ont souri. Aux Etats-Unis, au contraire, les pratiques sexuelles du président Clinton, hors mariage, ont failli lui coûter sa place !

La polygamie

A Singapour, en 1985, le Premier ministre encourageait la polygamie, afin d’augmenter le nombre de naissances. Dans certains pays d’Afrique, la polygamie est à la fois un signe extérieur de richesse, et le symbole de la puissance sexuelle. En matière de mariage, l’Islam permet à l’homme d’avoir jusqu’à quatre épouses, les concubines étant licites sans clause de nombre. Mais, comme dans les sociétés judéo-chrétiennes, les sociétés musulmanes sont très rigoureuses face à l’infidélité conjugale de la femme !

L’infidélité face à l’intégrisme religieux

Dans le film "Yol", le cinéaste turc Yilmaz Güney raconte la répudiation d’une épouse infidèle par son mari, qui l’abandonne dans la montagne, sous la neige. En Iran, sous la domination de Khomeyni, les coupables d’adultère étaient punis de lapidation. En Afghanistan, depuis la prise de pouvoir par les Talibans, tout dévoilement public d’une partie de son corps par la femme est assimilé à de l’infidélité et puni de mort…

Marianne Chouchan

Source: http://www.doctissimo.fr/