Personnalités « narcissiques » : ne rien dire

Le premier niveau est le fonctionnement de type narcissique ", explique G. Decherf. Cette catégorie concerne l’individu qui, au fond de lui, n’a pas renoncé à son statut d’enfant. Il souhaite retrouver les bénéfices de la période infantile, caractérisée par un sentiment de toute puissance. Dans ce cas, la personne est centrée sur elle-même. Elle cherche à être rassurée notamment sur ses qualités corporelles et intellectuelles. Dans ce cas, l’infidélité n’est pas dirigée contre l’autre : elle permet en fait de renforcer l’estime de soi. Dans ce cas, parler au conjoint de son incartade risque de le faire souffrir inutilement. Il est préférable que le narcissique entame de lui-même un travail personnel, afin de reprendre confiance en lui.

Personnalités " génitales " : sincérité avant tout

A l’opposé du fonctionnement de type narcissique, on trouve des personnes qui ont un fonctionnement de type génital, " moins marqué par les restes d’enfance " souligne Gérard Decherf. Les couples génitaux dits " adultes " évoluent dans une véritable relation dans laquelle l’autre existe en tant que tel : il est reconnu dans ses besoins et dans son plaisir. Il est respecté. Dans ce couple, pour préserver une relation de qualité, on tient en général compte du partenaire. Et dès lors que l’on reconnaît l’autre dans sa totalité, ne pas avouer un acte d’infidélité paraît incongru.

La sincérité est ainsi très importante chez ceux qui ont un fonctionnement de type génital. Avouer une relation passagère ne met pas en péril la relation car l’autre est capable de supporter un tel aveu. Par contre, une infidélité plus importante doit être avouée avec ménagement.

Personnalités " narcissiques perverses " : tout dire pour faire souffrir

Le troisième type de personnalité est celui des individus avec un fonctionnement narcissique associé à un fonctionnement pervers. Dans ce cas, l’infidélité est liée au couple lui-même. C’est le conjoint qui est visé. Cela s’explique par la crainte de perdre l’autre. Pour essayer de retenir son partenaire, on use alors de procédé proche du chantage du type : " je pourrais facilement trouver quelqu’un qui me rendrait plus heureuse " ou " si tu veux me garder soumets-toi à mes exigences ". L’emprise caractérise la relation. Dans ce cas, l’infidélité n’est jamais passée sous silence, puisqu’elle apparaît, non comme une faiblesse ou un écart mais comme une arme pour tenir l’autre et, éventuellement, le faire souffrir.

Les trois personnalités évoquées ici induisent donc des réactions différentes. Dans tous les cas, l’important est de respecter son partenaire, ce qui passe souvent par la parole.

Carole Clément

Souce: Doctissimo